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Tome premier.
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Sénancour, Tôpffer, George Sand, ont écrit despages mélancoliques et passionnées sur cettenature agreste et paisible.- (pii donc oseraitdiscuter ces témoignages ?

Ces vallées de Savoie, si variées d’aspect, sichangeantes et si calmes à la fois, ont un charmeoù les esprits les moins semblables se sontlaissés surprendre. Rabelais rit aux éclats àChambéry et Montaigne s’y émerveille; madameGuyon écrit à Annecy les plus entraînantesplaintes de son livre des Torrents; Sterne sou-pire en Maurienne; madame Swetchine s’yémeut ; Michelet trouve sous les sapins deSaint-Gervais la note juste de son dernier livre.Celte infinie diversité de tableaux et de sen-sations ont imprégné de bonne humeur,d’insouciance et de virilité les enfants de cetteFrance alpestre, aussi expansive que le Dau-phiné, moins doctrinale que la Suisse. Mais sitelle est l’impression produite par le charmed’un pays sur des esprits d’élite, autres sontles effets permanents, durables qui donnent àdes populations tout entières un cachet héré-ditaire et leur impriment un caractère per-sonnel. Un observateur sagace qui, par métieret par goût, étudia la Savoie et la sut bien juger,écrivait en 1806 :

« On remarque une différence considérable entrela constitution physique du cultivateur de la plaine,surtout dans le voisinage des villes et des grandesroutes, et celle du cultivateur des montagnes. Tandisque celui-ci est ordinairement robuste, joyeux et dansune certaine aisance, le premier est trop souvent faible,triste et pauvre. Sa demeure chétive et malpropre et satenue négligée annoncent assez l’indigence qui lepresse ; sa femme vieillit avant le temps ; ce n’est pas