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que dans ces Alpes tout n’est que déserts, rochersescarpés, chemins impraticables ; c’est une faussetémanifeste. Avant qu’Annibal en approchât, les Gauloishabitant les rives du Rhône avaient souvent franchices montagnes pour se jeter en Italie ; elles sonthabitées par des populations nombreuses et que j’aivisitées. Je ne parle que de quatre'passages connus demon temps à travers les Alpes, et je les désigne par lenom des peuples qui en étaient maîtres : le passagepar les Rliœli (Coire) ; celui par les Salasses (le vald’Aoste ) 1 2 ; le Salins taurinensis ou petit Mont-Ce-nis ; et la route de la Corniche, de Cènes à Mo-naco et Marseille * »
Les hautes vallées des Alpes étaient occu-pées par de petits peuples belliqueux, pillards,et qui surent conserver longtemps une indé-pendance absolue entre les Confédérationsgauloises de la Celtique et les Romains devenusmaîtres de toute l’Italie 3 . C’étaient les Catu-riges dans les vallées de Ghorges et d’Embrun,les Garocèles en Maurienne 4 , les Centrons en
1 On peut, quand on vient d’Italie, prendre la route quisuit la vallée des Salasses; à l’extrémité, la voie se bifurque;l’un des chemins se dirige sur le mont Pœninus, mais devientimpraticable aux chariots vers le point culminant du passage(le grand Saint-Bernard et le Valley) ; l’autre traverse le paysdes Centrons (Tarentaise).— (Strabon. Géographie , livre IV,ehap. VI, § 7.)
2 Le passage du mont Genèvre, soit par la vallée de Pra-gelas, soit par le col de Fénestrelle, n’a été découvert et surtoutpratiqué que beaucoup plus tard, lors de l’expédition dePompée en Espagne, ainsi que l’attestent fort nettement Sal-luste (Fragmenta, XII, 157) et Àppien (De bello civili, I,cap. CIX) quand on ne dénature pas les noms de lieux qu’ilscitent.
3 Les peuples des Alpes, excepté ceux qui sont situés au-dessus de l’embouchure du Var, ne firent point partie de laProvince romaine; César fut toujours obligé de forcer lepassage. (Walckenaër, I, 251.)
4 Ocelum ou Aussois, au pied du col du petit Mont-Cenis, du