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idiomes et la différence des mœurs. L’Aqui-taine fut étendue jusqu’à la Loire ; la Belgiqueresta ce qu’elle était; et la Celtique, diminuéede ce qui s’ajouta à l’Aquitaine, prit le nomde Lyonnaise. La province romaine s’appelaNarbonnaise au lieu de Gallia braccata; lesdeux provinces du midi eurent pour capitalesNarbonne et Lyon, d’origine romaine, où lapopulation latine était en majorité ’.
Des routes secondaires, décrétées parl’empereur et exécutées sous la surveillanced’Agrippa, relient entre elles les grandes ar-tères qui se dirigent do Milan au cœur de laGaule par la vallée du Rhône et par les Alpes.Près du péage d ’Ad Publicanos, une voie mili-taire se détache de la route de Vienne pourgagner Genève par Civaro (Chevron), le col deTamié (Sta-medium dans les titres du moyen-âge), Annecy; de Suze , un chemin quitte laroute de Gottius pour franchir le Mont-Cenisau col de Cérésol et descendre en Maurienne 1 2 .
L’an 17, tandis qu’Horace écrit le Chantséculaire qu’on chantera aux fêtes du Capitole,la région des Alpes semblait apaisée pourtoujours. Trente-quatre ans s’étaient écoulésdepuis les dernières campagnes de César;deux générations avaient appris la langue duvainqueur et joui des bienfaits de la paix.Auguste, Agrippa, Drusus, le jeune Tibère,achèvent la conquête en imprimant une direc-
1 Strabon, livre IV. — Mêla, livre 111, chap. 11. — Pline,livre III, chap. Y. — Aurelius Victor. De Cœsaribus, 1.
2 La route de Cottius était devenue la voie de Milan à Arles,terminée l’an de Rome 629 (Bergier, tome I, chap. IX). Quantà la route du mont Genèvre, une inscription récemment décou-verte surplace, fixe son achèvement à l'an 79.