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Tome premier.
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— '179 — 1049-1057

tioh des premières communes italiennes, etles jeunes libertés sont ombrageuses.

Amé meurt vers 1057, Odon son frère luisuccède, il avait épousé Àdélays de Suze, filleunique du marquis Mainfroy 1 ; ce mariage està vrai dire la prise de possession du Piémontpar les Savoyens ; l’assaut sera rude, la lutteva durer des siècles; mais la brèche est ou-verte (1044). Adélays avait été successivementinvestie, sous le nom de ses maris 2 , des fiefspaternels 3 . Il parait certain qu’Adélays admi-

1 Le P. Monod ('Roy. ail. de France et de Savoie.) établitque ce mariage fut la première alliance entre les maisons deFrance et de Savoie, les marquis de Suze étant issus du comteArdoin , beau-père de Louis-le-Bègue , roi en France en 878,

2 Adélays épousa en premières noces Hermann, duc deSouabe, investi par l’empereur du marquisat de Suze à la mortde Mainfroi ; en secondes noces, le marquis de Montferrat ; etenfin Odon, comte de Maurienne, dont elle eut cinq enfants.

3 Suze, Turin, Pignerol, Ivrée, Albenga, elc. — Les mar-ches ou frontières de Suze et. d’Ivrée avaient été créées parCharlemagne ; le marquisat de Montferrat. fut institué parOtton-le-Grand au profit d’un Allemand, pour tenir en respectles deux marquis du IX e siècle, devenus italiens. Le marquisatde Salucès fut, au XII e siècle, un démembrement du Mont-ferrat. On s’est mépris souvent sur la valeur relative des titresde comte et de marquis, si distincts à l’origine. L’ofliee spécialde marquis, attribué par exception à certains comtes chargés del’administration des territoires frontières, ajoutait à leur juri-diction normale un commandement militaire d’une importanceparticulière. Si la dignité de comte a pu, en raison de soncaractère mixte, se trouver aux mains de femmes telles que lacomtesse Mathilde (1054), il n’en a pas été de même de cellede marquis, essentiellement militaire. Ce fait explique lestrois mariages successifs d’Adélays qui, n’ayant pas qualité,aux termes du droit, féodal, pour administrer les territoiresdont cependant elle était la souveraine légitime par droit héré-ditaire, voulait éviter qu’un étranger en fût investi à ses dé-pens. (Cibrario. Constituzione del reqno. 255.) La lettre ducardinal Darnian à Adélays (Guichenon. Preuves, VIII.) danslaquelle il lui donne par courtoisie le titre de marquise desAlpes cottiennes, n’infirme point cette règle absolue des cou-