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Tome premier.
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avaient simplement substitué leur influence àcelle d’un pouvoir disparu, dans une provincelimitée politiquement; leurs droits ne repo-saient que sur des propriétés éparses réuniesentre elles par le lien fictif du droit féodal.Ainsi, sur la rive gauche du Léman, depuis1034, date de la concession impériale de lasuzeraineté du Ghablais, jusqu’en 1200, époqueoù le traité de Gontbey cantonna les droits ducomte de Savoie et ceux de l’évêque de Sionen leur donnant pour limite la Morge, les fiefssavoyetis étaient disséminés dans les terri-toires soumis à la double juridiction de l’évêquede Sion, donataire du comté du Mille y en 090,et de l’abbé de Saint-Maurice, donataire desvallées du Ghablais en 1017. Vers ta fm duXI e siècle, le nom de Savoie, payas savoyensis,d’après la division de Charlemagne, était res-treint à la vallée de l’Isère, depuis le torrentd’Àrc jusqu’à celui de Bréda, et à celle deChambéry jusqu’à l’extrémité du lac de Châ-tillori. Ce district correspondait à peu près àla circonscription ecclésiastique du décanat cleSavoie; on y comptait près de soixante feuda-taires exerçant juridiction, et les comtes deMaurienne n’y étaient point prépondérants ‘.Cette situation paraît commune à foute la ré-gion des Alpes morcelée en fiefs, dont l’isole-ment faisait l’équilibre. Les évêques surtout,investis du pouvoir temporel par les rois deBourgogne, confirmés dans leur puissance parles empereurs, auraient absorbé la Savoie etFHelvétie dans le réseau de la féodalité ecclé-

1 Menabroa. Mémoire sur l'autorité et le litre réels d'Hum-bert aux blanches mains.