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siastique si Tempire ne leur avait suscité derudes rivaux dans les comtes de Maurienne.Conrad et Henri supposaient que l’indépen-dance de i’épscopat vis-à-vis de Rome s’accen-tuerait en proportion de son accroissementtemporel; des concessions, révocables à chaquevacance du siège, paraissaient moins dange-reuses faites à des prêtres désintéressés desliens de famile qu’à des laïcs affamés d’héré-dité. Mais en Savoie, en Helvétie, en Piémont,tout ce peuple de seigneurs laïcs et clercsvivait dans un esprit absolu d’indépendance,comme l'exprime Muratori par un mot éner-gique dans sa simplicité : Essere conte, mar-che se, vescovo e duca, era lo stesso che essere•principe'. Jusqu’au XIII 0 siècle, les vassauximmédiats de l’empire autres que les prélatsfurent très nombreux en Savoie. Les mar-quis de La Chambre, les barons de Myolans,de Montmayeur, de Chevron, de Villette, deBriançon, tenaient originairement leurs terresde l’empereur d’Allemagne, héritier des Boso-nides et des IVodolphiens. Les barons de Viry,de Compey, de Sallenove, de Menthon dans leGenevois, de Lucinge, de Graïssier en Fauci-gny, les sires d’AIlinges et de Bionay (princesen 1108) dans le Chablais, libres comme lespremiers, et primitivement aussi absolus dansleurs fiefs que les prélats de Tarentaise et deMaurienne, arrivèrent comme eux, dans lasuite des temps, à céder aux comtes de Savoie,aux comtes de Genève et aux barons du Fau-cigny, l’autorité qu’ils avaient reçue de l’em-
1 Monumentahist. pat., IX, 124.— A Grenoble, par exemple,l’épiscopat de Saint-Hugues (1082 au 1 er avril 1132) complètecelui d’Izarn.