Band 
Tome premier.
Seite
289
JPEG-Download
 

— “289 —

1324

pas à calmer les réclamations des paroisses,accablées sous le poids de la dime et desamendes, et que la politique de voisins re-muants encourageait à la résistance. Le mo-tif des révoltes fut, comme en Tarentaise eten Faucigny, la revendication de libertésimmémoriales ; on saisit pour rompre avecl’évêque l’occasion d’une répartition de taxesdestinées à la construction, aux frais des vil-lages, du pont d’Hermillon (1304). Le dauphinJean promit asile et secours, le 27 mai 1317, àceux des serfs et vassaux de Maurienne quivoudraient émigrer sur les terres de sonobéissance ; le 3 juin 1322, le comte de Savoie,tout en refusant d’intervenir par les armes,arbitra le différend et, réservant à l’évêquel’absolue juridiction civile et criminelle sur lesvillages rebelles, s’y attribua le droit d’y pour-suivre quiconque lui appartiendrait à quelquetitre que ce fût. Les villages, mal satisfaits d’unaccord qui ne réglait que les contestations deleurs maîtres sans se préoccuper de leurspropres droits, reprirent les armes. Les habi-tants de Saint-Martin-d’Arc et de Saint-Jean-d’Arve, d’abord vainqueurs, furent forcés debattre en retraite et de chercher un refugedans le Graisivaudan et les épaisses forêts duval de Saint-Hugon et de la combe d’Allevard.Henri, régent pendant la minorité du dauphinGuigues, hésita à soutenir les rebelles ; lespatentes du 8 août 1324 enjoignent aux Dau-phinois de livrer les hommes de Mauriennequi, dans un délai de quinze jours, n’auraientpas évacué ses tiefs, leur défendent de molesterl’évêque et promettent au prélat des in-

19