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Tome premier.
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exprès et positifs ou par une possession immé-moriale, qui tenait lieu de titres parce qu’elleles supposait. Les guerres, les mutations defiefs et surtout les abus de pouvoir firent uneloi de l’exception. Il faut en accuser l’homme,avide d’autorité à mesure qu’il en acquiertdavantage, et cette perte de mémoire naturelleaux parvenus, d’autant plus oppresseurs qu’ilsfurent eux-mêmes plus misérables.

Les origines du servage sont aussi anciennesque le monde. C’est la misère qui fit les serfs.César parle de ces Gaulois perdus de dettes,écrasés d’impôts, exploités par des voisinspuissants, qui, de guerre lasse, abdiquenttoute indépendance entre les mains de chefsnobles et forts auxquels ils s’attachent, et qui,en échange de leurs services, les nourrissentet les défendent. Ce qui se passait au tempsde la conquête des Gaules se renouvela au dé-clin de l’empire et se continua de siècle ensiècle ; la servitude est une de ces fatalités quine se lassent point de suivre pas à pas l’huma-nité chancelante. Lorsque disparut la dynastiedes rois de Bourgogne, il était légal que le dé-biteur insolvable devint esclave; les pauvresgens des campagnes, en ces siècles de famine,de guerre, de peste, s’en allaient sous les por-ches des couvents et des églises se passer aucou la corde de la cloche On faisait donationde soi et des siens à perpétuité 9 . La triste his-toire d’Esaü, vendant son droit d’aînesse pourun plat de lentilles, se reproduisit vingt fois le

1 Et. raa'iuior. Recherches sur lu-France. Ëdil. (le 157-2. 11.

2 Bailly. Traité des taillables. — Muratori. Antiquités ita-liennes. Tome XIV.