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Tome premier.
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1215-1389

de ces institutions, qui nulle part ne fut complète,n’eut point lieu sans résistance ; et quand on remue àfond les documents de notre histoire, on y rencontre,antérieurement au XII e siècle, la trace d’une luttebourgeoise contre les pouvoirs féodaux.

.L’action des villes sur les campagnes est l’un

des grands faits sociaux du XII e et du XIII e siècle ; laliberté municipale, à tous ses degrés, découla des unessur les autres, soit par l’influence de l’exemple et lacontagion des idées, soit par l’elfet d’un patronage poli-tique ou d’une agrégation territoriale. Les principes dedroit naturel qui, joints aux souvenirs de l’ancienneliberté civile, avaient inspiré aux classes bourgeoisesleur grande révolution, descendirent dans les classesagricoles et y redoublèrent, par le tourment d’esprit,les gênes du servage et l’aversion de la dépendancedomaniale 1 . »

En Savoie, le seigneur qui aspira à devenirle roi des Alpes attira dans sa politique lesvilles pour mieux vaincre les châteaux. Commeen France, la coalition des seigneurs que me-naçait l’avènement d’un pouvoir dominateurfut brisée par l’alliance des bourgeoisies ;c'était en effet dans les villes que s’étaient ré-fugiés le commerce, les métiers, les arts utiles.La dynastie de Savoie les protégea d’abord àtitre gratuit contre les empiétements de juri-diction des seigneurs; quelquefois, comme àGenève, elle paya son protectorat; ailleurs,elle se lit payer l’abandon de quelques-uns desprivilèges réels ou fictifs de la suzeraineté. Larichesse accumulée dans les villes devint uneréserve précieuse pour ces princes appauvrispar les guerres; les bourgeoisies rachetèrent

1 Aug. Thierry. Essai sur l'histoire du tiers-état. Edit, de1868. Pages 23 et 28.