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Tome premier.
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ger leurs hommes. Le morcellement des fiefs,la nature abrupte du sol, les difficultés de laculture, l’isolement des villages épars dans lesforêts, furent autant de motifs pour atténuerl’exigence du seigneur et protéger l’allureindépendante du serf. Les vavasscurs y furentmoins de simples serfs militaires que de petitsnobles d'une indépendance relative, et lesserfs de la glèbe y représentaient, au point devue du revenu territorial, une valeur assezconsidérable pour qu’on ne leur fist point tropet trop suer de corvées La féodalité la plusrude, la plus agressive, fut, si l’on en croit lesfaits, celle des évêques et des abbés. Les con-flits armés des Chartreux et de leurs tenanciersd’Entremont, les révoltes si fréquentes despaysans ou des bourgeois contre les évêquesde Sion, de Lausanne, de Genève et lesgrandes abbayes du Faucigny et du Chablais,au XIL siècle au XVI e , les insurrections desvillages de Maurienne cle 1322 à 1348, l’assas-sinat politique de l’archevêque de Tarentaiseen 1385, etc., etc., en sont les preuves mal-heureusement irréfutables. Toutefois, les motifsréels des révoltes furent presque toujours moinsdans le caractère personnel des seigneursecclésiastiques que dans les abus et les vio-lences commis en leur nom, surtout par lesfermiers avides, chargés de percevoir les dîmesetplaits.

Le progrès des communes amena natu-rellement entre elles des jalousies, des rivali-tés, qui se traduisirent par la guerre civile.

1 Expressions de la Chronique manuscrite du pays de Vaud,terminée l'an 1407.