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Tome premier.
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1215-1389

que leur réclamaient clés populations d’hommeslibres. Si, pendant douze siècles, les moinesont restitué au centuple ce qu’ils avaient reçudu monde, les uns par la prière, d’autres parles arts, et tous par de prévoyantes et inépui-sables charités, il faut se rappeler que plustard les abbayes, discréditées par l’abus dela commende, fermèrent le guichet des pau-vres, et que de coupables mandataires vendi-rent le blé des aumônes 1 .

«Deux moyens s’offraient aux moines, a dit Me-nabrea, d’acquérir dans leurs domaines la juridictiontemporelle : s’entourer d’une population nouvelle deserfs et de mainmortables ; faire la guerre aux libertésde l’ancienne population. Ce ne fut pas sans de vivesluttes que les monastères parvinrent à créer une popu-lation telle qu’ils la désiraient : si les hommes libresdéfendaient pied à pied une indépendance chère,sainte, immémoriale, les serfs d’origine cherchaientincessamment à se soustraire aux rigueurs d’une po-sition qui privait chacun d’eux du fruit de ses travaux,de ses peines, de ses sueurs. »

L’abbé de Sixt avait pris le premier moyen ;le prieur de Chamonix, les abbés d’Aulps etd’Abondance choisirent le second. Aussi netrouve-t-on pas traces de difficultés ayantsurgi entre les moines de Sixt et les habitantsde leur vallée, tandis que de nombreux titresrévèlent ce que fut pendant tout le moyen-àgel’attitude défensive des communiers de Cha-monix, Aulpis, Abondance, Yalorsine, arméspour le maiintien de leurs droits. Ces tribus

4 Archives du Sénat. Informations sur les abus et manque-ments qui se com,mettent à la distribution des aumônes. (1604,1687,1710, 1711, etc.)