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Tome premier.
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1215-1389

titudes écrasées sous le poids d’une insup-portable tyrannie ; dans les régions du pouvoiret de la fortune, les luttes acharnées du sei-gneur féodal et du seigneur ecclésiastique sedisputant les serfs d’une seigneurie commele pape et l’empereur se disputaient la chré-tienté : tel est le triste tableau dont l’aveugle-ment philosophique a fait, un instant, le sujetde son enseignement. Ces assertions étaientfondées sur une incomplète connaissance desfaits, sur une étude superficielle des textes;on eut, au moyen-âge, la liberté de vivre etla liberté de penser ; il n’y avait pas accable-ment, mais lutte. Le noble était l’homme poli-tique complet, dit-on ; seul il exerçait dansleur plénitude les trois grandes fonctionssociales : il était administrateur, juge et sol-dat. Mais l’Eglise avait aussi tous ces droits ;et, par l’Eglise, le plus humble des serfs deve-nait l’égal des princes. Les fantassins desparoisses réussirent quelquefois, avec l’arcet l’épieu, à rompre les pesantes cavaleriesféodales ; les bourgeois et les artisans desvilles, par la banque, les échanges, les mé-tiers , alimentaient les besoins matériels 1 ;l’association des intérêts maintenait parmi euxles traditions d’indépendance. Au moyen-âge,le menu peuple des villes, où tout s’achète,où l’on vit entassé dans d’immondes ruelles

' En 1293, Béatrix de Faucigny autorise les bourgeois deSallanehes à établir sur le vin l’impôt àit.Quint, et à nommerquatre jurés chargés d’appliquer la recette à l'entretien deschemins. — En 1294, le comte de Genevois, à la requête dusyndic de Milan et des bourgeois de Genève, accorde des lettresde sauvegarde aux marchands italiens qui, ayant traversé lesAlpes de Savoie, circulent ou stationnent dans ses Etats.

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