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protection du prince; le seigneur choisi nemanqua jamais de rappeler l’écrit ancien d’in-féodation et de prendre contre les serfs toutesles garanties de nature à établir juridiquementleur volontaire abandon et ses propres droits 1 .Tant il est vrai que la conscience humaineprévaut contre le caprice et l’intérêt, et que laforce a toujours besoin de se faire l’illusiond’un titre. Les accroissements successifs etrapides de la chartreuse d’Aillon en Bauges 3 ,de la chartreuse de Meyriat en Bugey 3 , du
E rieuré du Bourget dans la vallée de Cliam-éry 4 , attestent, par les titres même qui lesconstatent ou les discutent, avec quelle diver-sité de moyens, suivant les lieux, mais avecquelle persévérante unité de vues, les fiefsecclésiastiques se sont constitués.
Ces marques multipliées de l’intensité dela vie sociale, depuis le X e siècle jusqu’auXIV e , démentent l’opinion qu’on s’était faite,au gré d’une école trop absolue, de la sociétédu moyen-âge. Par toute l’Europe, des mul-
1 PREUVES. Documents inédits du tome III de cette his-toire, N°* 71, 72 à 74, 77, 79, 118 et 120.
2 Voir le précieux Cartulaire d'Aillon. (Biblioth. du marquisCosta de Beauregard.)
3 Proudhon. Consultation pour la commune de Chevillardcontre l'Etat représentant les Chartreux de Meyriat. ( 1 827.j
4 La charte de 1253 ( Mém. de la Soc. savois. IV. 229.)allège les charges des habitants, quant au prince, mais livrela commune à l’absolue juridiction du prieur ; le comte s'yinterdit même d’y acquérir des fiefs et d’y autoriser la fon-dation d’un établissement religieux quelconque. En 1673, lesJésuites, successeurs des moines de Cluny depuis 1582 , yavaient maintenu la taillabi'ité des serfs et leurs rentes s’éten-daient sur vingt-deux paroisses , y compris Chambéry. (Bur-nier. Le Château et le Prieuré du Bourget, page 81.)