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1 * 15-1389
« Ceux qui connaissent mal le moyen-âge n’y aper-çoivent qu’une longue nuit, où les prêtres veillent surdes troupeaux d’esclaves. Du haut des vérités éter-nelles, quelques-uns de ces prêtres calomniés n’ontpas pour la raison ces superbes dédains qu’on a tropaffectés depuis. Ils ne méprisent pas les besoins dutemps ; ils les embrassent d’une vue désintéressée, etsaint Thomas écrit sur l’origine des lois, sur la partlégitime de la démocratie dans les constitutions poli-tiques, sur la tyrannie et l’insurrection, des pages don Ila hardiesse a étonné les modernes. Jamais la penséene fut plus libre que dans ce temps qu’au a représentécomme l’esclavage de la pensée. C’était peu de la liberté,elle eut la puissance ; elle eut ses universités dotées parles papes et les empereurs, elle eut ses lois, ses ma-gistratures, sou peuple studieux et turbulent. Un his-torien de cette époque donne à la chrétienté troiscapitales : Rome, siège du sacerdoce; Aix-la-Chapelle,siège de l’empire ; Paris, siège de l’école '. »
— Un autre esprit, divers d’allures et de sentiments,ajoute : « A la surface, tout était inégalité et confusion ;au fond, malgré des violences et des crimes sans nom-bre, la liberté agissait comme un ferment généreux ;partout l’art, la poésie, la science, la richesse, nais-saient avec elle 1 2 . »
Aymon 3 , fils d’Amédée V et frère cadetd’Edouard, chanoine et comte de Lyon, atten-dait à Avignon l’arrivée du comte de Savoie(1329), lorsque les évêques de Genève et deMaurienne, assistés de quatre barons 4 , vin-rent, au nom des Etats de Savoie réunis à
1 Ozanam. — La civilisation au V e siècle. (Œuvres. I. 66.)
2 Ed. Laboulaye. — Le Prince Caniche. 1868, chap. XXII.
3 Né à Bourg en Bresse, le 15 décembre 1291.
4 Le bressan Galois de la Baume, sire de Montrevel, et lesSavoyens les seigneurs de Cliautagne, de la val d’Isère et deConflans. (Chronique de Savoie. 251.)