Band 
Tome premier.
Seite
341
JPEG-Download
 

— 341

1359-1389

préoccupaient beaucoup moins du progrèsfutur de leurs vassaux et serfs que de leurspropres convenances ou de leurs besoinsimmédiats. Ainsi, les lois contre l’usure et leprêt à intérêt sont une des formes de l’impôtcontre les Juifs 1 ; les règlements sur lescéréales furent souvent des représailles ou desprécautions contre l’ennemi - ; les lois dedouane avaient pour but unique d’exploiterl’étranger. Il semblait qu’au lieu de favoriser laproduction et de faciliter les échanges il fallûtentourer les provinces de barrières légalesaussi infranchissables que les enceintes cré-nelées qui enveloppaient et emprisonnaientles villes au cœur de l’Etat.

L’an J 329, chaque diocèse des Alpes, chaquefief, chaque châtellenie, chaque hourg a sesjuges, sa loi, sa prison, ses fourches patibu-laires 2 3 . Aussi le prince a-t-il compris la néces-sité d’affirmer qu’il est le redresseur natureldes torts, le grand justicier, et que, si par-fois il délègue son autorité, c’est à la charged’appel. Cette attitude des princes de la Mai-son de Savoie, conséquence de leur originegallo-romaine, est d’autant plus remarquablequ’elle contredit les institutions germaniqueset féodales, c’est-à-dire le droit exclusif duseigneur de rendre la justice sur son fief, debattre monnaie, de n’être jugé que par ses

’ Ces parias du moyen-âge, considérés comme la matièreimposable par excellence, dit Blanqui. fllist,' de Véconom.polit. I. 213.)

2 Ordonnances des rois de France. (Recueil du Louvre.Tome I. pages 325 à 426.)

3 Cibrario. Origini e progresso delle instituzioni délia mo-narchia di Savoia. Tome I, page 235.