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de révolte des villes piémontaises. Le jeuineAmédée ne vit dans ce double péril qu'unieoccasion de gagner ses éperons; il avait qua-torze ans, l’àge du Prince-Noir à la bataille deCrécy. Guidé par son cousin Jacques d’Achat e,il passe les monts, bat les rebelles et acceptele protectorat d’Ivrée (1347). Au retour, le che-valeresque Amédée offrit à la noblesse deFrance et d’Italie les fêtes célèbres de 1348.Le tournoi qu’il donna, le 1 er mai, au Vernayde Chambéry, et où la couleur de son armure etla livrée verte de ses tenants lui valurent lesurnom de Comte-Vercl, fut longtemps cité p;arles chroniqueurs comme un des faits les plusmémorables de l’histoire des Savoyens'. 11faut le dire à la louange de l’homme : si le suc-cès l’éblouit, si l’intérêt le maîtrise, il y a tou-jours une heure dans sa vie où il aura senti lecharme et applaudi la grâce. Les peuple-s,comme les individus, se laissent séduire parl’émotion et l’enthousiasme; on a perdu la mé-moire des nations qui n’eurent ni poètes, mihéros, ni penseurs. Les tournois étaient lesjeux olympiques du moyen-âge; Pindare s’ap-pelait Pétrarque, Hérodote s’appelait Frois-sart; des princes couverts d’acier remplaçaientdans l’arène les athlètes frottés d’huile. Lamême inquiétude serrait le cœur, les mêmesapplaudissements jaillissaient des lèvres; lascène et les acteurs avaient changé, mais nomle drame. Toutefois, le temps semblait mal
' A. TURIN. Chron. manuscrites et inédites de Buttet. —Guichenon. Hisl. génial. Preuves. 183. — On retrouverait, so usle badigeon des murs de la métropole, à Chambéry, les écrns,les devises et les scènes de ce célèbre épisode de la vie prim-cière au XIV e siècle.