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Tome premier.
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1357-1360

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coin d’une certaine grandeur théâtrale dontl’apparat le séduit beaucoup plus que le sujetne t’intéresse. C’est ainsi qu’il convoqua en1351 une réunion solennelle des trois Etats deSavoie, d’Aoste et de Piémont, sous le nomd’assises. Ces grands jours se tinrent dans lacité d’Aoste, du 16 au 20 août ; il y eut uneaudience en plein champ pour les causes civi-les, une autre pour l’arriéré des procès cri-minels, une troisième pour les causes féoda-les, l’appel contre les abus de pouvoir, lesgriefs du populaire, l’hommage à rendre auprince 1 . On comprend la portée politique decette institution, et combien elle était de na-ture à consolider l’ascendant moral du princeaux dépens de ses officiers ou magistrats dontles empiétements excessifs n’étaient ni prévuspar la loi ni punis par l’opinion. A la suite desassises d’Aoste et sur la réclamation dessyndics des villes, le comte essaie de mettreun frein à l’arbitraire. Dès 1355, il réorganiseauprès de sa personne un conseil de justiceambulatoire, indépendant du conseil séden-taire de Chambéry a . Dans les lettres d’érectionde ce conseil, le comte remarque la multi-plicité toujours croissante des causes portéesdirectement à son conseil privé de préférenceà tous autres juges et dont l’étude l’absorbeau grand dam des affaires publiques; suit uneliste de vingt-huit évêques, barons ou légistesdu tiers-état. Il suffit pour constituer le con-

' Voir les détails de cette assemblée, à la page 12 du Traitéhistorique de la Chambre des comptes. de Capré de Mégève.

5 Archives de Cour : Lettres-patentes données à Pont-de-Vesle en Bresse le 27 juillet 1355. Ce comité consultatif étaitimité du conseil du roi, lequel devint le conseil d'Etat.