1365
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voient, chevauchant de grands et braves coursiers etportoient les viandes dont aucunes estoient dorées; yavoil jà ceste fontaine de vin blanc et cleret qui necessoit ny nuict ny jour de jeter vin. De Chambéry,Charles IV s’en fut à Grenoble et Avignon, revint enSavoye, passa par Saint-Maurice ès-Yaley où il fît honteaux moines de leur ignorance par le moïen de livresqu’il portoit partout avec, luy ; puis tira vers Berne ettoutes fois Amé le Verd luy tint compaignie . 1 »
Pendant son second séjour en Savoie, l’em-pereur lit abandon de ses droits de réserve etd’appel sur les fiefs des Alpes et concéda à Amé-le-Verd le privilège juridictionnel fort précieuxalors de recevoir le serment et l’hommage desévêques et des vassaux de l’empire, non plusseulement en qualité de vicaire impérial enSavoie, mais en son propre nom comme sei-gneur suzerain. Cet acte, daté du Bourget, enmai 1365, coûta cent mille écus, car tout sepayait au moyen-âge, la liberté, la justice, lafaveur 2 , et Charles avait pris l’habitude, enItalie, de vendre en détail, pour remplir sescoffres, les droits impériaux aux villes libreset aux petits princes.
Les Visconti menaçaient de réunir toutel’Italie sous leur suzeraineté ; le pape, fidèleà cette politique traditionnelle de la cour deRome qui, impuissante à créer l’unité italienne,ne voulait pas cependant qu’elle existât pard’autres que par elle, associe avec l’empereur,contre l’Etat de Milan devenu royaume, lareine de Naples, le roi de Hongrie et le comtede Savoie. La coalition ne tint pas deux mois
1 Paradin. Les grans croniques de Savoye. I. 313.5 Cibrario. Specchio cronologico. 164.