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se composaient de gens assemblés au hasard,sans cadres réguliers ni comptabilité légale ;mais, si l’on éclaire ces narrations obscurespar les rapprochements tirés des comptes destrésoriers, une organisation compliquée serévèle : chaque soldat a sa paie, qui varie avecsa spécialité ; les inventaires de la monstre, ourevue au départ, servent à estimer les chevauxde bataille, les coursiers, les roncins, la pertedes équipements et des bagages, dommagesdont le seigneur est tenu de rembourser l’é-quivalent à ses vassaux 1 . Les hommes tués nese comptaient pas ; vieille habitude qu’on neperdra pas de sitôt. Les gens des paroissesrecevaient une solde variable suivant le lieud’origine, car, n’étant tenus au service mili-taire que pour un temps déterminé et dans unrayon fixé d’avance, ils se faisaient payer fortcher pour continuer la campagne au-delà deces limites. La discipline était sévère, et lesordonnances pour la police des chevaliersfaisant campagne renferment des détails cu-rieux 2 ; l’un des articles publiés à tous ceux deBourgogne, de Lorraine, de Savoie et de Francequi suivirent le comte de Nevers en Hongrie,est ainsi conçu :
« Gentilhomme faisant rumour ès camp perd cheval,casaque et harnois ; varlet qui feist du coustel perd lepoing, et s’il robe il perd l’aureille, etc. »
Quant à l’art des sièges, il s’essayait encore;la tactique des meilleurs capitaines s’usera
1 Comte de Saluées. Histoire militaire du Piémont. — AR.CH. C. Rôles des gens d'armes.
2 Menabrea. Montmélian et les Alpes.