— 391
143Û
conti 1 , puis contre les Vénitiens; à l’empereurSigismond contre les Hussites et les Taborites,à Paléologue contre les Turcs' 2 , au roi de Chyprecontre le Soudan d’Egypte. Il ne fit pas de guerreinjuste, dit un contemporain; il maintint avecénergie son droit ; jamais il n’abusa de la force.Ce long règne fut donc rempli par assez delaits de guerre pour qu’il soit permis de trouversingulier le renom exclusivement pacifiquequ’on lui attribue.
L’armée nationale, grâce à la topographiedes Alpes, pouvait être convoquée et concen-trée en quelques jours, soit au cœur de lavallée de l’Isère, sous les murs de Montmélian,soit sur les versants à pente douce qui descen-dent vers Genève, ou au débouché des valléesde l’Arve et de la Dranse ; elle avait pour ré-serve l’escadron de Savoie, fort de seize centschevaliers, suivis eux-mêmes de sept mille ar-chets ou arbalétriers. La cavalerie féodale pa-raissait surtout imposante par l’éclat des armeset la valeur individuelle des gens de noblerace ; mais le nerf des troupes régulières étaitdéjà l'infanterie des paroisses et les compagniesdisciplinées et savantes des mercenaires. A lireles récits confus des chroniqueurs du moyen-âge, on pourrait croire que les armées féodales
' En 1427. le duc de Savoie, le marquis de Alonfferrat etRoland Pallavicini étaient entrés par trois côtés sur le terri-toire de l’Etat de Milan ; le duc leur opposa un célèbre con-dottiere , Ladislas Guinigi, qui repoussa les Piémontais.(Sismondi. Répub. ital. Vlll. 381.)
2 Jean de Compey et F. de la Pallud de Varembon com-mandaient les 4,700 hommes envoyés au secours de Janus deLusignan ; ils furent battus le 6 juillet 1420 .(Histoire de Bresse.II e partie. 292.)