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Tome premier.
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du stagimn ou droit de séjour. Les juifs étaient spécia-lement autorisés à établir des comptoirs de change ;ils prêtaient au taux fixé par les patentes autorisant leurtrafic, patentes valables pour dix années seulement etqu’ils étaient tenus de faire renouveler, à chaqueéchéance, moyennant finance ' ; c’était une ingénieuseapplication de leurs propres procédés d’escompte. Ledroit de péage, qui représente nos tarifs douaniers,était la source la plus claire du revenu ducal ; l’éditforçait les marchands, voituriers et muletiers à suivre,sans jamais s’en écarter, sous peine d’être traités encontrebandiers, des routes minutieusement déter-minées. Ces droits étaient lourds à ce point que, siles princes de Savoie voulaient favoriser le développe-ment d’une ville de leurs Etats, ils n’imaginaient aucunsecours plus efficace qu’une exemption partielle ou to-tale des taxes. La ville de Cluses, — dont les bourgeoisétaient si fiers qu’ils refusèrent d’ouvrir leurs portes,en 1410, au prince Louis, parce qu’il était suivi de plusde douze cavaliers, — ayant été incendiée en 1490, larégente Blanche de Montferrat déclara, par lettres-patentes du 1 ,îr mars 1491, (pue tous bourgeois présentset à venir seraient exempts de tous droits de péage et,pontenage sur les terres de Savoye, eux et leurs mar-chandises, mesme au péage de Suze. En 1514, le ducCharles III, après l’incendie qui détruisit la ville deRumilly le jour même de son arrivée, accorda aux ha-bitants, ruinés par ce désastre, l’exemption pendanttrente années de tout impôt ducal, de tout droit depéage, et la franchise perpétuelle des foires et mar-chés ; allégement d’autant plus sérieux que l’on ju-geait à peu près impossible d’échapper aux agents dufisc, tant les précautions étaient adroitement combi-nées et la répression sévère. Je ne parle ni des cor-vées, ni des prestations, ni des entraves du droit dechasse, ni d’une quantité de conditions onéreuses

1 Eu 1302, les juifs étaient assez nombreux à Chambéry poury posséder un cimetière particulier. Le stagium produisit, en1300, 75,374 fr. de notre monnaie ; en 1328, 2,400 florins d’or.