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et envoie en Piémont le comte de Bresse, dontla témérité lit tout manquer.
Charolais devient duc de Bourgogne ; LouisXI compromet un instant la France par l’équi-pée de Péronne et le sanglant marché de Liè-ge; il prend sa revanche en préparant le conflitdes Bourguignons avec les franchises d’Al-sace et les libertés helvétiques 1 . L’ambitionde Charles n’avait plus de limites ; ses amisl’appelaient Hardy , ses ennemis Téméraire ;ses possessions s’étendaient des portes deParis aux forteresses rhénanes, et de l’Océan àla Saône ; il rêva de reconstituer l’anciennemonarchie des Deux-Bourgognes et de créerle royaume de Gaule-Belgique. Le duc de Sa-voie comprend le danger ; se rapproche du roide France, le seul prince qui pût lui prêter unsecours efficace ; désavoue ses trois frères,rentrés avec d’Alençon et d’Armagnac dans laligue des nobles du Midi, et prête ses bonsoffices à Louis, qui renouait en Italie la poli-tique de Charles VII 2 . Le duc souhaitait derester neutre ; le roi, trop lin pour ne pas l’en-gager étroitement dans ses propres calculs,le rendit suspect à tous ses alliés 3 . Les conces-
1 Consulter, pour la perfidie des négociations qui livrèrentla vallée du Rhin au protectorat du duc de Bourgogne, leschroniques de Mets, les chroniques de Schiller, l’Histoire dubaron de Barante et surtout le travail neuf du baron de Gin-gins la Sarraz, intitulé : Dissertations sur les guerres de Bour-gogne au XV e siècle.
- Bonne de Savoie épousa Sforza, à qui le roi abandonnaSavone et Gênes, l’autorisant de plus à racheter Asti au vieuxCharles d’Orléans, fds de Valentine A’isconti. Voir la corres-pondance inédite de Sforza dans YArchivio Sforsesco de laBibliothèque impériale de Paris.
3 La secrète coalition de l'Angleterre, de la Bretagne et de