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amertume cette violation des antiques privilè-ges de la Savoie; on a feint d’y voir le goûtexclusif de la domination et la suppressioncalculée de tout contrôle. Les écrivains desXVII e et XVIII e siècles, à l’inverse, n’ont paseu assez d’éloges pour cette mesure, qui res-tituait à l’autorité royale son initiative et sonprestige.
Les détails manquent, au surplus, sur leconflit qu’on a supposé enti’e le duc et lesEtats. Les rares documents relatifs à ce débutdu règne ne permettent d'affirmations abso-lues ni dans un sens ni dans l’autre. Le 4 juillet1560,1e duc signe l’édit de convocation desEtats-Généraux, afin d’imposer sur toutes lesprovinces une finance d.e telle somme que lesEtats jugeront le pouvoir faire. Le 6 octobre,défense, aux commis des Etals, de répartir etde lever le don gratuit qu’ils ont voté, ce soinrentrant uniquement dans les attributions dela Chambre des Comptes. Entre ces deuxdates , rien aux Archives du Sénat, rien àcelles de la Chambre des Comptes, sauf unarticle de dépense du trésorier E. Jourdain,constatant que les Etats se sont réunis de nou-veau, à Chambéry, le 17 août. On en a concluque le duc avait pris la dictature. Ce motest excessif pour désigner le simple exercicede l’alternative réservée au prince de convo-quer ou non des délégués, que lui seul avait ledroit de réunir, où et quand il lui plaisait. Ilest essentiel ici, pour combler les lacunes queles publications officielles nous laissent, derapprocher les lueurs qui surgissent des piècesinédites, et de dater les moindres faits, parmois et par jour. Ainsi, trois mois après la