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frais d’armement 1 , d’entretien , les travauxd’art, la fabrication des armes, etc., avaientaugmenté les dépenses dans des proportionsconsidérables ; il fallut y pourvoir. La questiondes impôts ramenait inévitablement celle dela réunion des Etats-Généraux. L’on a sup-posé que les goûts autoritaires d’Emmanuel-Philibert lui firent supprimer, par édit, toutetrace des anciennes assemblées nationales; sisûr de lui-même que soit un prince, il ne romptpas de la sorte avec les traditions d’un pays.
Dans sa défiance de tout ce qui rappelait deprès ou de loin la féodalité, le duc ne voulutpas, il est vrai, s’assujettir aux réunions pé-riodiques des Etats. La noblesse et le clergéavaient eu presque toujours, dans ces assem-blées, l’ascendant que donnent le nombre, laposition, la richesse, et aussi l’habitude ducommandement; c’eut été risquer beaucoupque de remettre périodiquement la sécuritéde l’Etat à la discrétion de quelques meneurs;on avait encore présents à l’esprit les troublescivils du XV e siècle et le rôle de provocationque les favoris usurpèrent dans les Etats. Leduc hésita pourtant à rompre avec la traditionet à inaugurer sans réserve le régime de l’im-position directe des taxes par le prince.
On a nié cette hésitation, et l’on a supposégénéralement qu’après un essai de directiondes Etats, Emmanuel-Philibert supprima cesassemblées. Les modernes ont critiqué avec
1 Les communes remboursaient aux arsenaux de l’Etat leprix de revient des armes et équipements livrés pour la mi-lice; les volontaires étaient tenus de s'armer et de s’équiper hleurs frais.