1582
11-i —
qu’il fallut se séparer après treize mois de con-férences, de notes et de protocoles. L’évacua-tion du Piémont restait, dès lors, subordonnéeà la naissance d’un fils de Marguerite de France.Cette princesse avait trente-neuf ans ; les col-latéraux et les alliés calculaient déjà quellen’aurait pas d’enfants. Aussi, le désappointe-ment fut extrême quand la naissance de Char-les-Emmanuel (12 janvier d502), l’enfant dumiracle , vint affermir la dynastie 1 . En mars,l’empereur Ferdinand, n’ayant plus à redouterl’avénement du duc de Nemours, confirme auduc de Savoie le vicariat d’Italie et renou-velle, en sa faveur, les anciennes prérogativesattachées à ce titre; en août, la régente Ca-therine de Médicis ordonne la restitution desvilles de Turin, Chivasso, Chieri et Villeneuved’Asti (la haute vallée du Pô), retenant, àtitre provisoire, Pignerol, Savillan et Carma-gnole (la route d’Italie).
La prise d’armes des protestants fut le motifde cette brusque décision, si contraire auxopinions émises par les plénipotentiaires fran-çais aux conférences de Lyon. Condé brûle leséglises dans les vallées de la Seine et de laLoire, pendant que Guise et Montmorencymassacrent les Huguenots de Paris; l’agitationgagne la vallée du Rhône ; les marchands deLyon émigrent en Savoie; les catholiques sont
1 Le dépit des faclions se répandit en propos injurieux, enbruits de supposition d’enfant ; on rappela que Catherine deMédicis avait envoyé su confidente aux couches de la duchesse;des amis maladroits parlèrent de miracle (Voir les récits deLudovico délia Chiesa et de Guiehenon, dont le marquis Costaraille le ridicule) ; et le pape lui-même interpréta dans le sensd’une inspiration prophétique le souhait politique de Paul IV :Fiat masculus!