1562-1564
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Charles de Birague, qui. délégué par la courpour tout concilier, semblait avoir pour mis-sion de tout envenimer. L’essentiel pourtantétait d’obtenir la prompte évacuation de Turin.Le duc y sacrifia son amour-propre, et, grâceaux offrandes spontanées de toutes les classesde la population, disent les Italiens, put faireun pont d’or aux amis de Birague 1 .
Le 12 décembre 4562, Emmanuel-Philibertlit son entrée à Turin, à la tête de six centsgentilshommes à cheval, menant à sa droitel’ambassadeur d’Espagne,à sa gauche l’envoyéde Venise. Il avait l’épée nue à la main, et laremit, au fourreau sur la place de la Citadelle 2 .Il annonce aux habitants, si querelleurs aumoyen-àge, si français depuis les guerres d’I-talie, que Turin sera désormais sa capitale etsa résidence; il pose la première pierre d’unecitadelle destinée à tenir en bride les mécon-tents et à fermer, en arrière du Pas de Suze,la route d’Italie par le Mont-Genèvre ; il yinstalle les Cours de justice, y rétablit l’Uni-versité, puis, dès les premiers" jours de 1563,passe en Savoie, où de sérieux intérêts récla-maient sa présence.
Le choix définitif de Turin pour capitale nefit pas d’Emmanuel-Philibert un prince italien,
' Tonsi. Hist. lut. Emm.-Phü. (Aug. Taurinorum. 1596.) —Cossé de Brissac fit oublier les exigences de ses collègues parun trait antique. Quantité de négociants de Piémont et de Sa-voie, se fiant à sa parole, avaient fourni l’armée de grains etde draps ; le roi ne pouvait payer (son budget, en 1563, étaitde 17 millions en dépense, de 2 1/2 en recette), et le duc enrécusait la charge ; Brissac, d’accord avec sa femme, diffère lemariage de sa fille et distribue sa dot aux créanciers de l’armée.
s A R. TURIN. Relaiione del ritorno âi S. A. R. Emm.-Phil. nel 1562. (Manuscrit.)