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Tome deuxième.
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1562-1564

nistres italiens ; il n’est sorte d’ennuis et deméchancetés dont on ne les accablât, jusqu’àleur refuser les vivres et à détourner les eaux 1 .Brissac perdit patience, et, sur les plaintesque le duc de Savoie faisait de lui au roi, ha-sarda cette verte réplique :

« Que tout cela ne procédoit que de la rigueur et dela malice de ses officiers qui prenoient plaisir à dressernouvelles inventions pour tenir les cinq villes et Car-magnole mesme comme enfermées dans une cage etsans vivres, défendant d’une part et dessous main d’yen porter, et d’autre chargeant le peu qui y vient detant de droits et péages qu’il n’y a ordre de pouvoirvivre en façon quelconque ; qu’il ne peut endurer tellesbravades et nécessités 2 . »

Il est douteux, cependant, que le duc seprêtât à ces manoeuvres ; sa politique inclinaitplutôt vers les concessions, surtout en ce quitouchait les relations extérieures ; il n’avaitpoint intérêt à se brouiller avec la France etl’avouait franchement 3 . Aussi essayait-il d’at-ténuer les torts de ses officiers, tout en cal-mant les excès patriotiques du maréchal deBourdillon et en démasquant les intrigues de

1 Mémoires du duc de Nevers, 411. 33. — Instructions auxdéputés du Roy pour la restitution de Pignerol, etc. au ducde Savoye, donnée à Lyon le 7 octobre 1574.

* Mémoires de Villars, page 1035.

s Plus tard, l’ambassadeur de Savoie, René de Lucinge,conseillant à Charles-Emmanuel le maintien sincère de l’al-liance française, malgré la situation perdue où les troubles dela Ligue semblaient jeter le royaume, lui rappelait le motd’Emmanuel-Philibert : Qu'il n’y avoit promesses d’hspagne,alliance du pape, d'Empire ou de Suisses qui dût jamaisinviter un duc de Savoye à suivre autre parti que celuy deFrance. ; et que l'expérience du passé doit servir à garderl'avenir. (Manuscrits de Montpellier, dits de Guichenon.)