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Tome deuxième.
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1562-1564

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était religionnaire ; sa belle-mère, la baronnede Crans, dame d’honneur de la duchesseMarguerite, l’était aussi ; on la disait très avan-cée dans l’intimité de sa maîtresse. Joly avaitde nombreuses relations à Genève et enDauphiné ; il était lié avec M me d’Entremont,avec Coligny ; sa fortune, ses amis, ses quali-tés personnelles lui donnaient en Savoie uneimportance considérable. Les femmes ont tou-jours eu, dans les guerres civiles surtout, degrandes initiatives, a remarqué un historien.Il y faut des décisions promptes ; on s’y dirigeplus par l’impression que par le raisonnement.Dans ces luttes aventureuses où tout est malconcerté, le hasard tient une grande place etl’héroïsme domine le hasard ; les coups impos-sibles sont les plus assurés de réussir ; lesfemmes, avec peu de logique et beaucoup decœur, font faire de ces coups là. En France,la reine Jeanne d’Albret, la princesse de Condé,Jeanne de Laval, première femme de Coli-gny, avaient exercé sur les résolutions desDéformés une influence considérable ; en Sa-voie, la duchesse Marguerite et les femmesde sa maison 1 , la baronne de Crans, la com-tesse de Montbel et d’autres encore, négligéesà dessein par les histoires officielles, firentcontrepoids à la pression des cours de Romeet de Madrid ; elles assoupirent dans les Alpesle fanatisme qu’on y soufflait d’Espagne ; avecmoins de vivacité, elles auraient attiré à ellesGenève comme elles avaient réussi à gagner

* lin l’année 1560, la sœur du roi, Madeleine (pour Margue-rite;, récemment mariée au catholique duc de Savoie, tenait àVice sa cour dans un esprit fort opposé à la religion et au roid’Espagne. (Mêm. mus. de Grant elle. Biblioth. de Besançon. )