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1582-1564
la cause des Vaudois. Les grandes dames n’a-vaient point seules le privilège de se passionnerpour les questions religieuses ; il y avait dansla bourgeoisie et dans le peuple de Chambérydes femmes intelligentes dont l’esprit abordaitles âpretés mystiques de la théologie ; certainesilluminées, telles que cette Marie de Velario àlaquelle le sénateur Joly donnait asile, atti-raient la foule et passaient pour saintes ; dumysticisme à l’hérésie, la pente est glissante.Joly, fort attentif aux affaires de France, croitl’opinion publique suffisamment préparée, et,d’accord sans doute avec la duchesse, publieun libelle qui est le manifeste du parti. Il yattaque hardiment le pape, Catherine de Mé-dicis, le duc de Nemours ; il y formule l’idéed’un royaume allobroge, conseille au duc delaisser là ce parti catholique, qui perd chaquejour du terrain, et de se déclarer résolumentpour la Réforme ; Genève devient capitale, leDauphiné se rattache à la Savoie, et qui sait ceque peut y ajouter de provinces le démembre-ment probable du royaume de Charles IX. Untel projet avait des chances de réussite ; le prin-cipe religieux dominait la politique, et cet ap-point donné à la Réforme eût changé les des-tinées de l’Europe. Joly, savoyen avant tout,n’y voyait que la fortune de son pays, Genèvefaisant contre-poids à Turin, le Sénat de Savoiedevenant l’arbitre des intérêts européens, lerival du concile de Trente.
Mais les chefs des religionnaires français nes’entendirent pas avec le duc Emmanuel-Phi-libert; l’élève de Charles-Quint, le vieil ami dePhilippe II, leur parut trop dangereux pourqu’ils en fissent un roi. Le Colloque de Poissy