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l’arrêt qui le privait de sa charge de sénateuret le condamnait à l’amende, peines fort légè-res, vu le cas de lèse-majesté et d’hérésie, ilréitérait, à la sollicitation de nostre très chèreet aimée compagne qui, de rechef, nous en ainstamment requis 1 , l'ordre de réintégrerJoly et M mc de Crans dans tous leurs biens,honneurs et dignités (de Turin, 1 er avril 1563).La connivence du Sénat se prouve par ladisjonction de la cause de Joly et de sa belle-mère de celle de Marie de Velario, condamnéecomme visionnaire, dès le 16 février 1562, à laprison perpétuelle, au pain et à l’eau, dans lecouvent des Clarisses réformées de Chambéry 1 2 3 .
L’épisode du libelle eut pour effet immédiatde faire donner à la Savoie une plus large partdans les déterminations du cabinet de Turin.Le duc comprit que son centre d’action étaillà, entre Genève et Grenoble ; de 1563 à 1572,il attend et surveille, donnant satisfaction àtous les intérêts du pays, faisant la part égaleâ tous, pardonnant aux hérétiques", et confiantau jésuite Codret l’organisation de l’enseigne-ment, tout en étudiant les mémoires que luiprésentaient l’évêque de Mondovi et le con-seiller Joly. Ces menées, qui nous semblentaventureuses, et dont une chance de plus, une'*hésitation de moins, auraient alors suffi, peut-être, à faire des réalités, n’avaient point con-trarié les négociations du duc avec l’Helvétie,
1 SÉNAT. Répertoire XIII, folios 19, 21 et 117.
2 Registres criminels de 1559 à 1564, folio 9ô.
3 Le 26 juin 1564, lettres de grâce à un laboureur du Fau-cigny, émissaire des ministres de Thonon, et à un bourgeoisde Chambéry convaincu d’avoir pris part à des assemblées etprêches. (Reg, du Sénat. XV, folios 25 et 53.)