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Tome deuxième.
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1567-1569

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« La cour de France a toujours l’œil sur l’Italie,disait le prince à l'ambassadeur Lipomano, pour expli-quer cet envoi de troupes, et ne pense qu’à y reprendrepied sans égard pour l’amitié ou les alliances; mais,quel que soit ce danger, puisque l’Espagne me mar-chande son appui, je deviendrai français, s’il le faut,pour ressaisir l’intégrité de mes Etats. »

Tandis qu’en France les édits de pacificationsuccèdent aux prises d’armes, que Guillaumed’Orange se déclare en Hollande, que l’Es-pagne, l’Angleterre, l’Autriche sont ensan-glantées, le duc de Savoie continue à transfor-mer en conventions militaires ses traités decommerce avec les Suisses. Le 4 mai 1569, letraité de Thonon stipule la restitution du ter-ritoire envahi par les Vallésans, en 1536,depuis Saint-Gingolph jusqu’à la Dranse ; enretour, le duc renonce à tous droits sur leValley, de Martigny au lac*. Il espérait toujoursse dédommager sur Genève des concessionsqu’il faisait à Berne ; ses compromis avec laconquête et ses actes de tolérance devaient,dans sa pensée, inévitablement amener leretour de Genève redevenue une enclave des

1 Les Bernois et les Vallésans auront droit de faire la traitedes blés dans le Chablais et le Faucigny ; en cas de guerre dé-fensive, de part ou d’autre, les Suisses fourniront au duc desfantassins, et le duc aux Suisses des cavaliers. Emmanuel-Philibert imitait, vis à vis des Cantons, la diplomatie des roisde France à l’égard des princes allemands delà vallée du Rhin.L’identité de vues amène l'identité de politique. Sous Louis XV,le nombre des régiments allemands à la solde de la Frances’éleva jusqu’à 25 (Fieffé. Hist. des troupes étrang. au ser-vice de FranceJ. Le 20 août 1575, la convention de Turin com-pléta le traité de commerce de 1569 , en exemptant les Vallé-sans de la traite foraine et des droits de péage sur leurs traficsen Savoie. Le 16 décembre 1590, le traité de Sion rendit laréconciliation définitive.