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1589-1570
gnait pas d’offrir aux réfugiés français, lais-saient encore l’opinion publique en suspenssur ce que seraient ses décisions futures.L’infant don Carlos sacrifié en Espagne, lescomtes d’Egmont et de Horn inaugurant parle martyre les échafauds des Pays-Bas, MarieStuart épuisant son agonie, Condé assassiné àJarnac, Coligny battu à Moncontour, autant designes précurseurs de la tempête. Pie Y don-nait pour mot d’ordre au clergé catholique lesarticles absolus de la bulle Incœnâ Domini; et,quantité de Français, redoutant le sort que leduc d’Albe infligeait aux artisans des Flan-dres, se réfugiaient en Suisse et en Savoie,y apportant la présomption et l’imprudencedes émigrés de tous les temps. Leurs discours,leurs exemples, impressionnaient vivement leshabitants de Chambéry et des autres villes dela province. Le nombre des étrangers, quicherchaient la paix ou fuyaient la justice, de-vint tel, qu’un édit de 1567 fit une obligationaux hôteliers de ne loger personne sans avertiraussitôt l’officier local, seul juge du parti àprendre pour tolérer les gens cle conditionet faire vider le pays aux vagabonds et men-diants. Tout savoyen du peuple qui s’éloignaitde plus d’une demi-journée de marche de samaison avait le droit de sortir armé ; lessoldats de la milice portaient à la ville l’épéeet la dague, aux champs l’arquebuse ou lepistolet de trois pieds ; les gentilshommes etles magistrats n’allaient que par troupes bienmunies d’armes offensives et défensives ; lesbourgeois les imitaient; les prêtres s’entou-raient de serviteurs ; les étrangers se condui-saient comme en pays ennemi, la dague nue à