1569-1570
130 —
Le même jour, une convention intervint quiréglait les rapports réciproques de Genève etde la Savoie, autorisant le duc à entrer dans laville, avec le train ordinaire de sa maison,sans porter préjudice aux libertés civiles etreligieuses, et en payant tout; accordant auxmarchands genevois la liberté du commercepour les denrées locales et celle du transitpour les marchandises étrangères, etc. 1 Allerlibrement d’une frontière à l’autre, vivre dansun perpétuel échange, non-seulement de ballotset d’écus, mais de sentiments et d’idées, pou-voir ainsi se mêler, se pénétrer mutuellement,n’est-ce pas se préparer à devenir une seulenation, surtout quand on est sorti d’une souchecommune? La cour de Turin ne cessa pasd’entretenir avec les Ligues Suisses, protes-tantes ou catholiques, des rapports intimes,et l’on trouve dans les comptes des tréso-riers 2 la preuve de l’importance que le ducattachait à ces relations.
L’état des esprits en Savoie ne laissait pascependant que de donner des inquiétudes ;depuis 1564, les idées émises par d’Alleryavaient fait du chemin ; l’attitude énigmatiquedu duc vis-à-vis de la Réforme, ses relationsmultipliées avec la Suisse, l’asile qu’il ne crai-
1 Archives de cour. — Genève : Arbitrages de Berne. (LiasseXVI. Fascicule n° III.)
1 1575. Amorces pour les Suisses ; payé à Jessé le grec,procureur au Sénat, pour traiter et caresser les délégués desseigneurs de Fribourg venant en la présente ville de Cham-béry pour une journée assignée par S. A. 149 livres 10 sols.— Envoyé aux seigneurs de Berne pour ayde de reffa’re leursmaisons trustées, 3,200 livres. (AR. CH. C. — Jehan Gene-vois, trésorier de Savoie.)