1569-1570
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La politique tirait bon parti de ces désor-dres; les gentilshommes du Dauphiné s’assem-blaient sur la frontière ; les réfugiés se grou-paient dans les châteaux de leurs amis ; l’idéeleur vint que la citadelle de Montmélian seraitune base d’opérations digne de jouer au pied desAlpes le rôle de La Rochelle sur les côtes del’Océan, et l’on eut vite noué des intelligencesdans la place. Ce complot n’avait rien desérieux ; mais les gouverneurs de Lyon et deMâcon, alarmés de ces rassemblements, ré-clamaient le renvoi des proscrits, et le duc nevoulait se compromettre qu’à bon escient.On réunit assez d’éléments pour prouver leprojet d’une surprise de Montmélian ; uneenquête sommaire fit pendre deux ou troisvagabonds, jeter aux galères une vingtaine depaysans 1 , et le duc eut vis-à-vis des protes-tants un motif suffisant d’user de précautions.L’édit donné à Chambéry, le 1 er janvier 1569,n’autorise l’entrée des émigrés sur terre deSavoie que par troupes de vingt-cinq cavaliersau plus ; ils sont tenus de consigner leursarmes, ne peuvent garder que l’épée et ladague, s’engagent à vivre paisiblement, à ne
1 Tous les condamnés aux galères lurent graciés l’annéesuivante. — On trouve aux Archives de cour (Province deBresse. Mazzo XVI), les informations prises contre EtienneTeppa, de la Cluse en Faueigny, soldat de la garnison dufort de Saint-Maurice à Bourg, au sujet de la blessure par luifaite au sieur de Montjouvent, capitaine du fort, à la sollicita-tion de certains de Genève qui lui promirent une grande ré-compense s’il pouvait tuer ledit capitaine (sic). Mais, en lisantles registres cottsulaires de Bourg, on voit quelles inimitiéss’était attiré cet officier par sa conduite vis à vis des bourgeoiset des soldats ; il est probable que les voies de fait qu’on tra-vestit en complot politique ne furent que le résultat d’unevengeance privée. Voir le chapitre IX.