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1569-1570
point faire de prêche ni de scandale, et àn’habiter que des villes ouvertes. 11 est interditaux seigneurs savoyens de leur affermer desmaisons-fortes et même de les y recevoir enamis, à titre permanent ; mais le culte réforméest publiquement autorisé en Chablais, dansles bailliages de Gex et de Ternier ; et, de touspays, on considère le duché de Savoie commeun lieu d’asile 1 . Un pas de plus, et le ducEmmanuel-Philibert, trente ans avant l’édit deNantes, complétait sa politique de neutralitépar la reconnaissance légale de la liberté deconscience. Le souvenir de la Saint-Barthélemyne souillerait pas notre histoire ; il n’y auraitpas eu de Ligueurs ; trois siècles de persécu-tion n’auraient pas pesé sur les consciences ;l’équilibre européen se serait établi par lesarts de la paix au lieu de se compliquer par lesgrandes guerres du XVII e et du XVIII e siècles.Peut-on savoir ce que le progrès universel yaurait gagné ou perdu? Ce qu’on ne sauraitnier, c’est que, même en Angleterre, sous lerègne d’Elisabeth 2 , jamais ne se rencontrameilleure occasion d’admettre la liberté deconscience comme l’une des bases les plussolides de la paix publique. La Savoie, tra-vaillée par les ministres des deux religions,était prête, sans aucun doute, à les tolérertoutes deux. Les préférences de beaucoup deSavoyens seraient restées certainement acqui-ses à la pure foi catholique ; mais les provinces
1 En avril 1562, Iss magistrats catholiques chassés (le Gre-noble par le baron des Adrets avaient aussi cherché un refugeà Chambéry.
5 De 1558 à 1603. Consulterrifist.(f.Elwa&e(h,parM.Dargaud.