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hésitation dans la politique. Emmanuel-Phili-bert se sentait arrivé à cette heure décisive,où les combinaisons les plus mûrement pré-parées avortent par un coup de hasard. Lesannées 1568, 1569 et 1570 se passèrent enatermoiements ; sollicité par les protestants,vivement pressé par les cours de Rome et deMadrid, inquiet de l’agitation du pays, le ducs’installa à Chambéry pour y suivre de plusprès les mouvements des religionnaires. Ilallait user, comme diversion, du moyen vul-gaire par lequel les princes cherchent à serattacher les mécontents, une guerre en Italie,peut-être une tentative sur Genève 1 ; lors-qu’une occasion se présenta qui lui permit dedonner des gages à la cour de Rome sans com-promettre ni ses alliances ni ses principes.
Les victoires des Turcs effrayaient l’Europe,et l’association défensive des peuples chrétiens,proposée en 1459 par Pie II, venait d’être re-nouvelée par l’énergique Pie V. Soliman, d’a-bord, Sélim ensuite, avaient sans succès es-sayé de remplacer l’alliance française, rompuedepuis la régence, par celle du duc de Savoie.Emmanuel-Philibert n’était pas assez fort pouradopter une politique aussi hardie ; il renonçaà la chimère de Chypre pour ne point inquié-ter Venise ; lorsque le pape et Philippe II luioffrirent de commander en chef les flottescombinées, il déclina aussi cet honneur, sousle prétexte du soin de son duché, en réalitépour ne point rompre ses alliances italienneset ce faisceau de petits Etats dont il commen-çait à diriger les mouvements ; toutefois, il
Denina. Istoria délia Italia occidentale. Lib. X, cap. V.