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Tome deuxième.
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1570-1572

montrèrent une sorte de ligue formidable con-tre la religion catholique étreignant l’Europe ;en Espagne, les Moresques s’arment désespé-rés ; les Turcs, maîtres de la mer d’Orient,menacent l’Autriche, Venise, l’Italie ; les Tar-tares se montrent à la fois sur le Danube et surla Vistule ; les nobles flamands se déclarentpour Calvin ; les protestant français livrent lesdeux sanglantes batailles de Jarnac et de Mon-contour; Emmanuel-Philibert céda. Certes, ilserait injuste de lui reprocher un manque dediscernement ; pour apprécier une époque avecéquité, il faut s’en faire le contemporain, et leduc Emmanuel-Philibert n’a pu imaginer etsuivre qu’une politique purement et spéciale-ment savoyenne. Cependant, sans exiger delui la conception d’idées générales qui ne sontguère que des chimères, on peut regretter qu’ilait négligé les inspirations hardies de la du-chesse Marguerite *, les conseils des penseursqui vivaient autour d’elle 8 , pour obéir auxsuggestions plus dangereuses de Codret et dePossevino, et pour ajourner ses projets. Quandun prince épouse un parti, il ne tarde pas à endevenir l’esclave ; l’abstention du duc de Savoiene suffit bientôt plus aux Austro-Espagnols;on exigea des actes.

La complication des affaires de France nelaissait pas que de jeter aussi une certaine

' La plupart des domestiques de la duchesse étaient de lanouvelle opinion, entre autres l.a Pigne, Kochefort, Jean deBrosses, qui se retirèrent depuis à Genève après la mort decette princesse. (Guichenon. Hist. généal. II. 254.) On sait lerôle qu’elle joua dans les affaires du sénateur Joly, de lacomtesse d'Entremont, etc.

* Cujas, Amyot, Pancirolo et tant d’autres.