1570-1572
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faires de France venait, une fois encore, inter-rompre le progrès pacifique de la Savoie en latroublant jusqu’au fond des consciences.
Les événements se précipitaient. Depuis lemassacre de Vassy (1562), les massacres n’a-vaient pas cessé ; protestants et catholiques setrempaient les mains dans le sang; la Saint-Barthélemy avait commencé depuis dix ans 1 ,quand, dans la nuit du 24 août 1572, Char-les IX eut le triste courage de tolérer les assa-ssinats de Paris 2 . Les religionnaires des Cé-vennes et du Midi étaient prêts, leurs ancienschefs sur pied; aussi en Auvergne, en Dau-phiné et en Provence il n’y eut rien ou pres-que rien. MM. de Cordes et de Tende décla-rèrent que, même sur des ordres écrits, ilsn’agiraient pas, estant gentilshommes et nontueurs. Dans les vallées d’Angrogne, de Saint-Martin et de La Pérouse, les agents provoca-teurs eurent plus de succès. Les Yaudoishésitèrent un an ; poussés à bout, ils prirentles armes. Charles de Birague les chastia ensept ou huit jours que dura la poursuite;nombre restèrent sur le carreau, et tous ceuxqu’on prit furent branchés 3 .
Aussitôt après les événements de Paris, leduc avait proposé à la ville de Genève une
1 En 1568, trente huguenots, parmi lesquels René de Savoie etplusieurs gentilshommes, furent massacrés à Fréjus qu’ils tra-versaient. Voir D. Long. Les guerres de religion en Dauphiné.
- On aime à croire, pour l’honneur de la royauté, qu'il nedonna pas le signal du massacre. Lire, au surplus, la lettrequ’il écrivit au comte de Gordes, le 25 août 1572, et dans la-quelle les événements de la nuit sont racontés avec un accentde vérité qu’il est difficile de suspecter. (Arch. de cour à Turin.)
* Rapport original du 23 juillet 1573. (Arch. de cour.)