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Tome deuxième.
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1576-1577

les mocqueries à part, qu’il nous adviendra ce dont tantde foys nous avez menacé, c’est que nom laisseronsgouverner à la femme, et que prendrons peyne de luydonner tout contentement 1 . »

En 4575, laissant ses projets interrompus,satisfait d’avoir vu.ydé le païs de Vétranger,recherchant la solitude dans ses métairies dela Vénerie et de la Vigne Royale, le duc Emma-nuel vécut à l’écart du monde, plein de dégoûtpour la politique, et fort occupé de son salut,car, quoique tolérant, il n’avait pas cessé d’êtrefervent catholique 2 . Cette retraite prématuréene fut pas cependant une abdication. Les mi-nistres Provana, Milliet. de Faverges, René deLucinge, prirent une part plus directe aumaniement des affaires ; le duc se réserva lesquestions diplomatiques et rien ne se fit àl’extérieur que de son aveu. Les plus petitsdétails attiraient son attention ; je n’en citeraique la lettre écrite au prince de Piémont en1578, à propos de l’arrestation d’un ministredes vallées vaudoises qui menait des enfantsà Genève et qu’on maltraita. Le duc blâme sonlils de n’avoir pas étudié l’affaire en personne:

— Si cet homme conduit des enfants du Pié-mont, dit-il, il le faut citer en justice ; s’ilssont de Saluces ou de Dauphiné, il le fautremettre à M. de Bellegarde ; mais surtout,

1 Lettre inédile du 10 novembre 1558, adressée à M. du Ho-chet.— Pièces justificatives. Document n° XXXVIH. Le prince,malgré le nombre de ses belles amies, suivant l'indulgente ex-pression du temps, ne se crut jamais infidèle. Nos mœurs nesont-elles pas encore trop, sur ce point, colles du XVI e siècle?

2 Voir aux Pièces justificatives. Document n° XXXIX, labelle lettre que le duc écrivit de Savillan, le 4 juin 1502, aucomte de Tende.