1578-1579
— 150 —
bons offices à la cour de France, et fait preuvede loyal désintéressement aux entrevues deGrenoble et de Montluel en 1579.
Dès 1559, le duc s’était préoccupé de retenirceux de ses sujets qui, par habitude, allaientétudier en France, en Italie ou en Allemagne.Il appela, pour professer à l’Université de Turin,les plus célèbres savants ; parmi eux le fran-çais Cujas et l’italien Pancirolo. Son ambitionfut d’attirer pour ses écoles des élèves étran-gers; il recruta les premiers en Suisse ; c’étaitencore un moyen de combattre l'influence deGenève. Lorsqu’il eut pris la résolution de nerien céder à la Réforme, tout en maintenantsa liberté d’action vis-à-vis des cours deRome et de Madrid, il chargea le Père Godret,du Faucigny, d’organiser l’enseignement, etfonda les collèges de Turin, de Mondovi et deChambéry'. Les Jésuites, les plus conciliantsdes prêtres, et qui ont toujours excellé dansl’éducation de la jeunesse, étaient mieux quetous autres en état d’apaiser les esprits et derejeter doucement l’opinion publique dans lavoie qu’indiquait le prince. Jusqu’en 1728, ilsprirent une grande part à la direction desaffaires, et leur influence s’est maintenue enSavoie à travers les vicissitudes de leur fortunetemporelle. Emmanuel-Philibert appréciait untypographe à l’égal d’un ambassadeur: il yavait déjà des presses célèbres à Chambéry età Annecy 2 ; il attira à Mondovi le florentin
1 Le collège de Chambéry fut institué par lettres-patentes du3 octobre 1564 ; les classes de grammaire s’y ouvrirent en 1566.
2 Voir, tome 1 er , page 508. En 1535, l'espagnol Pomar quittaGenève pour Annecy.