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Tome deuxième.
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1579-1580

rescision des transactions pour cause de lésion(1577) à l’encontre de ceux qui font profit de lamisère d’autruy et ont tasché par subtilitésd’anéantir la voye des transactions. Mais lelégislateur dépassait la mesure quand il édic-tait la peine du fouet contre quiconque, danssa maison, aurait chanté les psaumes de Marot* ;qu’il punissait les blasphémateurs,d’amende etde prison pour les deux premières fois, de troisstrapades de corde en public pour la troisième,et pour la quatrième de la galère ou de la vie,à l’arbitrage des juges 11 ; et qu’il décrétait laconfiscation des biens de toute une famille si,à la mort d’un individu, cinq ou six témoinsvenaient accuser le défunt du crime d’usure 1 * 3 !

Ces excès de la loi,ces pénalités exorbitantesn’étaient, au XVI e siècle, que les tâtonnementsd’une société mal assise. Avec le duc Emma-nuel-Philibert la loi perd ce caractère exclusifqui semble tout attribuer au prince : le conseilet la volonté. On sait pertinemment, à daterde 1559, qui a préparé telle ordonnance ourédigé les articles de tel édit. Milliet de Faver-ges, René de Lucinge, Catherin et RaymondPobel, RenédeLyobard, Claude deMontfalcon,Stroppiane, Provana,tout un cortège d’hommeséminents dont il ne cacha point les services,furent les inspirateurs ou les modérateurs desréformes que provoquèrent souvent les mani-festations légales du tiers-état, réformes que leprince n’hésitait pas à modifier quand, ex-

1 SENAT. Registre criminel de 1567 à 1569.

’ Recueil de Bally. Edit du 31 janvier 1560.

3 Ibidem, Edit du 8 avril 1565.