1580 -1582
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ser les plans de Philippe II ou interrompre lesbrutalités du duc d’Albe; son inquiétude, de1560 à 1580, avait été que la machine 1 ne sedisloquât avant d’être en mesure. On redou-tait par dessus tout, en 1580, une tentative dela Savoie sur Genève ; car Berne en prendraitprétexte pour s’emparer de la Franche-Comtéou du Milanais, provinces que l’Espagne seraithors d’état de recouvrer, avouait Granvelle.Ces terreurs n’étaient point encore dévoilées;Genève, seule en face du duc de Savoie quesemblait soutenir le colosse espagnol, se crutà la veille d’un assaut et jeta le cri d’alarme.De tous pays, les Réformés répondirent à l’ap-pel de la Rome et capitale du Calvinisme ; leroi d’Espagne et le pape, également surprisde cette prise d’armes, résolurent d’en anéan-tir à tout prix l’objet, et c’est, ainsi que l’am-bition du duc Charles fit éclater l’orage long-temps conjuré par son père. 11 se trouva qu’uneétrange fortune intéressait, en France, catholi-ques et huguenots au maintien de la républi-que. La playe de Catea-u-Cambrésis, commedisait Montmorency, avivée par les restitutionsde 1574, était toute saignante ; Henri III com-prenait que la conquête de Genève aurait dé-truit l’œuvre de 1536; d’autre part, les rela-tions commerciales et militaires du duc deSavoie avec les Cantons 2 inquiétaient les mi-nistres du roi, comme les liaisons de la régente
1 On parlait de la dynastie des Valois. CMém. du cardinalde Granvelle. Tome VU, page 281.)
s On trouve, en 1580, une dépense de 4,033 écus d'or, va-lant 16,874 livres ducales et 12 sols, que M. de Châtillon futchargé de payer à la seule ville de Fribourg pour prix du re-nouvellement de l'alliance. (AR. Cil. C.)