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par les guerres de 1580, et, lorsqu’il fallut don-ner des gages aux cours de Home et de Madrid,le duc n’hésita point. En 1594, François deSales s’était chargé seul d’évangéliser la pro-vince; dans tout le feu de la jeunesse et dudévouement, il refuse la force armée que tenaità sa disposition le baron d’Hermance ; aprèsdes mois de stérile labeur, perdant patience, ilse plaint enfin que le duc, distrait par d’autresintérêts, néglige d’appuyer ses efforts.
« L’on prcschcra pour néant, écrit-il le 29 décembre151)5, si les habitants fuient la prédication. Plaise doncà Y. A. do faire convoquer les bourgeois et les inviterpar l’un de messieurs du Sénat à entendre, sonder etconsidérer de près les raisons (pic les prescheurs leurproposent pour l’Eglise catholique du giron de laquelleils furent arrachés par la pure force des Bernois. —Vostre Cliablais, dit-il un an plus tard, est une provinceruynée. Quant à moy, j’ay déjà employé XXVII mois àmes propres dépens en ce misérable pays, et j’ay seméentre les épines ou sur les pierres. Certes ! outre larecouverte de M. d’Avully et de l’avocat Poucet, cen’est pas trop grand cas des autres. »
Le sénateur Favre avait déjà l’oreille duprince ; sur son avis, François de Sales estmandé à Turin ; il y porte les idées pratiquesde son ami le jurisconsulte, traduites dans unlangage limpide et persuasif. Depuis quelquesmois, les Capucins avaient commencé leursmissions dans les environs de Genève, etFrançois, redoutant que leur propagande éner-gique ne compromît l’œuvre toute d’apaise-ment et de douceur qu’il avait rêvée, crutécarter le danger de mesures trop brusquesen sollicitant le périlleux honneur de dirigerseul la conquête morale du Cliablais.