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1596-1598
« Genève est cité capitale du Calvinisme, disait-il auduc. Il y a des gens de tous pays la venant visiter commeun catholique visiterait Rome. .L’Angleterre même faitvenir des ministres de Genève ; en 1595, elle en fournitvingt à la France. Ses belles et magnifiques imprimeriesremplissent toute la terre de meschants livres jusques àen faire distribuer aux: dépens du public. En 1596, lelivre de Roc-handieu a esté imprimé à en donner gratui-tement pour 700 escus d’or. A cecy se rapportent lesescoles où l’on voit quantité de jeunes gentilshommesde France, d’Allemagne, etc. — il faut pour y parer, àTlionon des jésuites, à Annecy un imprimeur, de bonsprédicants par les campagnes, une maison de refugepour les arts mécaniques, un séminaire pour les belles-lettres, et avec cela de l’argent et beaucoup d’argent.On le pourvoit prendre sur leu rerenus superflus de,quelques abbayes. — Que laul-il en somme? Restaurerles églises, rétablir les curés, bailler de la terre aux ha-bitants par de bons édits, lever les offices aux héréti-ques, bailler de l’occupation à la jeunesse catholiquepar les armes, chasser les ministres, surtout celui deTlionon, honorer spécialement déchargés et de dignitésles catholiques, se montrer libéral pour les nouveauxconvertis, etc. '. »
À son retour de Turin, François de Sales,enfiévré, tout modeste qu’il fût, de l’approba-tion et des caresses du prince, persiste cepen-dant à refuser le secours du bras séculier, etcélèbre à Tlionon la messe de Noël, en pré-sence de seulement sept ou huit vieilles per-sonnes , tandis que le régiment du comte deMartinengo heurtait aux portes pour prendreses logements. Les Capucins critiquent lesscrupules de l’apôtre ; ils se font forts de toutterminer promptement, disant:Que l’on n’aura
1 Œuvres de saint François de Sales. Edit, de Didot. 1821.— XIV. 76. (Discours au duc, en son conseil, décembre 1596.)