1598
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traité de Vervins et l’invasion d’Henri IV, futemployé, sans trêve ni merci, à pacifier les ter-ritoires limitrophes de Genève, selon les ex-pressions des historiens, et à reconquérir leChablais à la religion de ses pères. La conver-sion forcée du Chablais vengeait le parti espa-gnol de la déception de l’édit de Nantes ; jamaisles deux principes incarnés dans Charles-Em-manuel et Henri IV ne s’accusèrent avec autantd’énergie qu’en cette année 1598.
« Le duc rétablit, sans violences, le catholicisme enChablais, a dit un historien d’habitude plus exact 1 ; lesChablaisiens revinrent volontiers à leur religion primi-tive ; il ne fallut pas beaucoup de temps pour leur faireoublier les doctrines nouvelles, peu de leur goût, et quin'avaient jamais été adoptées généralement par eux. »
Les lettres de saint François de Sales et lesregistres du Sénat contredisent ce témoignage.Ce qui était vrai en 1536 ne l’était pas soixanteans plus tard. En 1594, le Chablais ne comptaitguère que cent catholiques pour soixante-dixparoisses, et il y avait des prêches réguliers danssoixante-cinq 2 . Ce pays, protestant depuis deuxgénérations, avait, il est vrai, subi la Réformeà regret, comme il subissait les Missions avecrépugnance; mais, de 4536 à 1564, sous la rudedomination bernoise, de 1564 à 1580 sous latolérante administration d’Emmanuel-Philibert,de 1580 à 1594 sous l’équivoque autorité de sonfils, de 1594 à 1597, pendant l’apostolat deFrançois de Sales, de 1597 à 1600 sous les pro-
atermoyer, contre la logique des conseillers genevois JeanSarrazin et Jean de Normandie.
’ Marquis Costa. Mém. hist. II. 113. (Edit, de Turin. 1816 )5 Yie de saint François de Sales. Tome I er , page 146.