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Tome deuxième.
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vocations et l’arbitraire, ces populations, si mal-traitées par les Espagnols d’Olivaros et lesgarnisaires de Martinengo, apprirent à envierla paix de leurs voisins de l’autre côté du lac,à désirer l’indépendance de leurs amis de Ge-nève. La confiscation et l’exil eurent raison desobstinés, l’argent et l’octroi de charges publi-ques ramenèrent le reste des consciences;mais il y eut des retours et des sursauts dansla soumission apparente à une contrainteodieuse. La lutte sourde, l’abstention, la ré-sistance passive, tout ce qu’on crut terrassé parle coup d’état de Thonon reprit et recommençaavec l’invasion française. Le duc, par lettresdu 20 juin 1601, invite les peuples du Cha-blais, de Ternier et de Gaillard à se rendre,avec les femmes et les enfants, aux sermonsdes capucins sous peine de punition arbitraire.Les mesures de rigueur furent appuyées par lacréation de quantité de maisons religieuses,l’organisation des confréries, et l’installation àThonon, Evian, Annecy, d’Ordrespuissants des-tinés à lutter contre les prédications genevoiseset le vieux levain des hérésies. Le duc Char-les traitait de rêveries les principes formuléspar son père dans le traité de Nyon; il avouaitn’estre que le fait d’un bon chrestien de courirsus à ceux de Genève, sans leur garder jamaisparole ni serment. Il allait droit au but et,comprenant que la Réforme ne serait déraci-née qu’à demi dans le cœur des nouveaux con-vertis, il s’attachait à l’éducation des enfants.La création du collège des Jésuites de Thonon,la confiscation des bénéfices aliénés par lesBernois, l’attribution de gros revenus aux cu-rés, aux missionnaires, aux écoles des parois-