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1699-1600
différend à sa discrétion; puis, il insiste pourvenir plaider sa cause en personne, faisant à sesagents l’application du proverbe : Tradutore,traditore. Son confident, M. de Roncas, espritsubtil, sollicite à Paris l’agrément du roi, écrit àTurin que le roi seul désire le voyage, et force,par ce double jeu, l’avis du Conseil *. Le séjour
1 Le 25 mars 1599, le roi écrivait au duc : <; Si vous me dé-sirez voir, comme vous ni avez escripl et me l’a dit Roncas derostre part, croyez que je n’en ay pas moindre ayse que vous.Venez doncques quand il vous plaira. Je me contenteray devous recommander de rechef la délivrance de la comtessed’Entremont, le soulagement de ceux de Genève, etc. » (Lettresinédites de Henri IV, publiées par le prince Galitzin. Paris.1860. — Tome 1 er . 288). Voir, pour les détails : Sully. Mé-moires. III. 389. — Malingri. Contin. des Mém. de Boyvin surles guerres du Piémont. Livre XIV. — Le duc quitta Cham-béry avec un train magnifique; sur les avis de Roncas, il con-gédia le gros de sa troupe à Lyon et continua lentement sonvoyage, accueilli sur la route par plus de curiosité que desympathies. Le 14 décembre 1599, il entrait à Fontainebleau.Il avait mis quatorze jours à s’y rendre de Chambéry, par leBourget où il s’embarqua, le lac, le Rhône, Lyon, d’où il gagnaRoanne pour descendre la Loire jusqu'à Orléans, et, de là,reprendre la chevauchée. On disait de lui comme du duc deGuise : Il n’y a pas de cœur gui puisse tenir contre les char-mes et l’expression de son regard et de son sourire ; il persuadeavant de parler. Il arrivait avec le désir de plaire; le roi setint en garde contre ses séductions, et ne vit pas sans dépit leslibéralités dont il comblait les dames et les seigneurs de lacour. « Le samedy premier de 1600, le ducdeSavoye fit auxdames de magnifiques présents et principalement à Henrietted’Éntragues.qui tient auprès du roy la place de Gabrielle d’Es-trées. y (Journal du règne d’Henri IV.) — Le duc parut au balavec un pourpoint brodé de diamants qu’on estima six centmille écus, et répondit au roi qui lui demandait d’où il avaittant de richesses : le tire de Savoye ce que je peux et de Pié-mont ce que je veux. — (J. de Serres. Recueil des choses mé-morables. 111. 239.) L’élégant savoyen , fut l’âme des balset des chasses; mais tandis que ses gentilshommes et lui-mêmese ruinaient en folles dépenses, deux ou trois rusés diploma-tes, restés dans l’ombre, étudiaient la cour et la ville, pre-naient note des mécontents, se glissaient parmi les intrigues.Le duc devint l’ami de Biron et dérascina le peu de fleurs de