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fallait battre 1 . On avait tiré plus de cent voléesde canon sur le roc taillé au ciseau en croyantrompre le ravelin. La citadelle, défendue parune forte garnison, ses magasins remplis, avaitpour commandant Jacques de Brandis, auqueltout manquait., dit le comte de Saluces, mêmele courage Il devait son grade à des intriguesde femme et fit payer cher au duc Charles uneheure de faiblesse ; présomptueux comme tousles impuissants, il se vantait de faire des vignesd’Arbin le cimetière des Français. Sully avaitjuré de réussir ; il installa des pièces de groscalibre sur les pentes de la montagne et décidale roi à visiter les travaux d’approches. En pas-sant à découvert, du quartier-général de Fran-chi aux tranchées, le roi reçut une volée demitraille qui le couvrit de sable et blessa quel-ques hommes d’escorte ; Henri IV se signa etSully lui dit en riant : Ah ! sire, c’est de boncœur que vous faites ces croix ; c’est à ce coupque je vous recognois bon catholique ! Aprèsplusieurs semaines de rudes fatigues, on s’a-
' Les constructeurs de la citadelle, profitant des accidentsdu terrain, avaient combiné leurs défenses avec tant d’art queles assaillants, à défaut des moyens dont disposent aujourd’huinos officiers du génie, étaient forcés en quelque sorte de tâterles murs pour distinguer le rocher de la maçonnerie.
2 En 1597, le duc avait nommé le comte de Montmayeurgouverneur de la Bresse; et lieutenant général de la cavaleriedeçà les monts et gouverneur de Montmélian, Maurice-Jacques,baron de Brandis, des comtes de Montmayeur, frère du précé-dent (Arcli. du Sénat. Reg. XXVII. 280). La disgrâce méritéede ces deux hommes ne tint pas contre les sollicitations de labelle Luciane ; le 20 août 1606, le duc ordonna la main-levée duséquestre mis sur les biens du comte de Montmayeur ; le 15septembre 1607, il lui permit de rentrer en Savoie, avec toutesa famille , et abolit les procédures faites à l’occasion de la red-dition du Château de Montmélian par son frère. (Reg. XXVI11.folio 248 —XXIX. 43.)