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1601
les dernières chances du duc Charles que rail-laient aujourd’hui ses obligés de Paris
M. de Bouvens tenait seul à Bourg ; sa posi-tion était désespérée ; le Légat comprit que sacapitulation imminente donnerait aux exigen-ces du roi une force irrésistible et qu’il fallaittout brusquer. Le 8 janvier 1601, le duc pres-crit à ses ministres cle signer la paix sans nulretardement ; le 11, il le leur interdit ; le 12,il autorise Lucingeà accepter l’échange, le 13,d’Arconnat à offrir la restitution ; le 14, veilledu jour où il lève le camp de Villette, il leurprescrit de s’entendre au préalable avec l’am-bassadeur d’Espagne 1 2 . Le 16, à l’issue d’uneséance orageuse, Sully prit à part le Légat etlui confia, sous le sceau du secret, que l’arméeroyale n’attendait que la rupture des conféren-ces pour passer le Mont-Cenis ; la terreur d’unretour offensif des Français en Piémont coupacourt aux hésitations du cardinal ; il déclareaux ministres savoyens qu’il a pleins pouvoirs,s’engage par serment à faire ratifier le traité,et obtient leur signature pour l’échange duMarquisat, le 17 janvier. Cet expédient singu-lier jeta le duc dans une sorte de rage ; il futvingt fois au moment de tout rompre, et mandaprès de lui les faiseurs de paix, pour les traitersuivant leurs mérites 3 . M. de Bouvens, à qui
1 En 1601, après l'achat de Moutinélian, on frappe à Parisla réplique de la médaille du Marquisat eu 1588, avec la devise:Opportuniüs.
t Archives de cour à Turin (Pièces diplomatiques ; — ins-tructions aux ambassadeurs.^ — Le mariage d'Henri IV et dela fille des Médieis avait été célébré à Lyon, le 9 novembre1600. M. de Roncas et le chancelier Belli s’étaient fait illusionsur la sincérité des engagements de l’Espagne.
3 Guichenon a raconté avec finesse les complications de ces. 15