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Tome deuxième.
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les gués et passages (jusque-là, le lleuve avait appartenuà chaque riverain, par moitié, dans tout son cours). Ce-pendant, le duc conserve le pont de Grésin, sous le ca-non du fort de l’Ecluse, et les paroisses de Léa, Lancran,Ghézery, Maigrecombes ', le long de la montagne ditele Grand-Crest-d’Os, route pour aller en Bourgogne ; illui esl interdit d’établir le long du lleuve des péages oudes redoutes, et il paiera cent mille écus. En retour decette cession, le roi fait abandon au duc du Marquisatde Saluces avec les places de Génial, üéinout, lloquesparvières, et restitue tous les lieux occupés depuis1588, à la condition que le duc évacuera ChAteau-Dau-phin et fera sauter les redoutes de Bêche-Dauphin -. »

Comme tous les traités de surprise, celui deLyon ne satisfit personne : Les Italiens blâ-mèrent la désertion de la France; on railla leduc d’avoir échangé ses gentilshommes bressanscontre moitié moins de paysans piémontais, etl’on accusa le roi d’avoir fait un marché de juif.En Savoie, le traité de Lyon produisit la mêmeimpression douloureuse dont avait souffert laFrance en 1559 et en 1571. Le patriotisme aplus de sensibilité que de logique, et la ces-sion d’une province équivaut, pour un peuple,à l’amputation d’un membre. La séparation desprovinces d’outre-Rhône complétait le démem-brement fatal inauguré par la séparation deGenève en 1536. La Savoie n’exislait plus ;d’Etat souverain, elle tombait à la conditionvulgaire de simple dépendance du Piémont.Adieu les rêves de Joly d’Àllery, de Charlesde Rochette et de Chabod de Jacob ! La pré-

1 Perpéluilé de la tradition qui assurait aux Allobroges le li-bre passage du fleuve et la possession de territoires sur sa rivedroite. Voir les Commentaires de César et les Annales de Tacite.

5 Recueil officiel des Traités publics. Tome I, page 194.